Atravessar
Bordeaux - La Rochelle - Rio

Atravessar
Bordeaux - La Rochelle - Rio

Résidence croisée France-Brésil
Coproduction BAM Projects / Föhn
2022

Avec Daniela Labra, commissaire d’exposition (Rio-Berlin), Élise Girardot, commissaire d’exposition (Bordeaux), Gê Viana, artiste (São Luis, Brésil), Erwan Venn, artiste (Bordeaux).

Atravessar, propose un format inédit de résidence : un.e artiste et un.e commissaire de Nouvelle-Aquitaine passent 8 semaines à Rio et un.e artiste et un.e commissaire brésiliens passent 8 semaines à Bordeaux. Ce quatuor forme un groupe de recherche collective et tisse des liens entre deux territoires, leurs Histoires passées et présentes.

La France possède, via la Guyane, une frontière commune avec le Brésil, elle possède aussi une Histoire commune à travers, par exemple, la première colonie française qui s’est installée dans l’État de Rio de Janeiro sur l’île Antarctique, de 1565 à 1570. C’est aussi un groupe d’artistes Français qui, à l’invitation de l’ambassadeur Portugais, ont participé à la création de l’académie des Beaux-Arts de Rio. Quelles sont les traces de ces relations aujourd’hui ? Au cours du XXe siècle, de nombreux intellectuels et artistes brésiliens ont fait le trajet inverse pour fuir la dictature et trouver refuge en France.

Ces données amènent à réfléchir à la notion de traversée historique, d’où le titre du projet :
atravessar en portugais / traverser en français.

L’objectif sera de développer une recherche in situ, étroitement liée au contexte des villes de Rio, Bordeaux et La Rochelle, cités ouvertes sur l’Atlantique. À La Rochelle, le Musée du Nouveau Monde conserve un exemplaire de papier peint panoramique produit en 1830 par la manufacture Zuber en Alsace. Ce motif de papier peint est toujours reproductible aujourd’hui. Le même modèle est visible dans une aile du bâtiment du Ministère des Affaires Étrangères à Rio, au Palais Itamarati. Cet élément formel et précis est un point de départ pour analyser, par effet de miroir et de manière trans-historique, deux métaphores de l’entreprise coloniale. Au Musée du Nouveau Monde, en France, le papier peint est très bien conservé. À Rio, des trous béants et des tâches produits par l’humidité jalonnent l’image. Les couleurs passées accentuent cette impression de désuétude, comme une métaphore d’un temps révolu parti en fumée.

Lors des deux temps de résidences successifs, il s’agira de mettre en place un laboratoire de recherche croisant les héritages coloniaux en étudiant l’Histoire et les enjeux des colonisations portugaises et françaises sur le territoire de Rio, et, sur un même principe, les stigmates d’échanges coloniaux à Bordeaux et La Rochelle.